Du nouveau dans l'actualité du point G, en février 2008, un scientifique italien, le Professeur Emmanuele Jannini de l'Université de l'Aquila en Italie (Abruzzes) annonce pouvoir dire "visuellement" si une femme est susceptible d'avoir un orgasme vaginal. Nous faisons un point sur ses travaux.
Selon le Professeur Jannini, il est maintenant possible de déterminer si une femme possède ou pas un point G. Il est vrai que la notion de point G souffre de contestation, car toutes les femmes ne le ressente pas forcément au cours des pratiques érotiques.
Pour mener son enquête, le Professeur Jannini a examiné 20 femmes réparties en 2 groupes de 10 femmes. L'un des groupes ne comportait que des femmes ayant déclaré n'avoir jamais ressenti d'orgasme vaginal. En comparant l'épaisseur de la paroi vaginale des femmes de chaque groupe, et grâce à un échographe, il est apparu que les femmes dont la paroi vaginale est la plus épaisse ressente les plus vives émotions lors des rapports sexuels. Sous réserve que les résultats soient confirmés sur un échantillon beaucoup plus important de femmes, ce serait la démonstration que plus cette zone est dense, plus elle permet de ressentir l'orgasme vaginal. Rappelons que le point G, ou plutôt la zone G, est constituée de nerfs et de la glande de Skene, laquelle joue un petit rôle dans la lubrification du vagin. Située de 1 à quelques centimètres depuis l'entrée du vagin, cette zone est donc aisément stimulable.

Le professeur Jannini insiste sur le fait que les travaux sur la sexualité féminine sont encore trop peu nombreux. Il est vrai que la description anatomique du clitoris a été complètement revu en 1998 grâce aux travaux de Helen O'Connell, une chirurgienne urologue australienne (Royal Melbourne Hospital), et fait débat encore aujourd'hui.
Certains médecins rétorquent toutefois que l'épaisseur de la partie antérieure du vagin est à mettre en relation avec la taille du clitoris. D'autres émettent l'hypothèse que le point G existe aussi chez les femmes n'éprouvant pas d'orgasme vaginal.
D'autres encore évoquent un rapport à la musculature du vagin : un vagin musclé ressentirait mieux les vibrations causées par la pénétration, explique Sabrina Bauwens, sexologue à Liège
Le débat reste ouvert...
point-g : La sexualité féminine est un domaine généralement très peu étudié. À votre avis pourquoi ?
Pr Jannini : C'est vrai. Hélas, ce sujet a toujours été traité de façon idéologique, et non pas sur le plan scientifique.
point-g : Vous parlez d'une technique permettant de voir si une femme possède un point G. Qu'en est-il exactement ?
Pr Jannini : L'échographe permet de mesurer la taille de l'endroit où le point-g se situe. Cette taille est plus importante chez les femmes qui ont des orgasmes vaginaux
point-g : Vos recherches peuvent-elles amener à une meilleure compréhension de l'orgasme féminin et la façon de l'obtenir ?
Pr Jannini : Vous devriez demander aux femmes...Dans la plupart des cas, je pense que c'est un bon moyen d'en savoir plus sur l'anatomie et la physiologie.
point-g : Si une femme découvre qu'elle n'a pas de point G, ne risque t-ette pas un choc psychologique ?
Pr Jannini : Pourquoi ? C'est une variante anatomique, exactement comme la couleur des yeux.
point-g : Certains sexologues avancent que le centre du plaisir est dans le cerveau, et que le point G n'a aucune importance. Que répondez-vous ?
Pr Jannini : Il est temps de démontrer les opinions par des faits scientifiques. La sexologie bien-pensante est morte.
point-g : Vos travaux ont-ils été favorablement accueillis par vos collègues ?
Pr Jannini : Pour le moment, pas si mal.